Si tu me connais un peu, tu sais mon aversion pour les religions, les sectes et autres dérives. Ouais, ça en surprend plus d’un.e, mais je suis assez cartésienne pour une meuf qui tire le tarot et qui tient une boutique ésotérique (et surtout complètement athée) ! Et du coup, le Pape, c’est aussi une des cartes que j’ai longtemps détesté, juste à cause de son nom. Paye ta discrimination gratuite.

Faut dire aussi qu’à chaque fois, on voyait le pape comme une sorte de leader religieux, froid et implacable, pour qui la seule loi est divine. Beurk! Et puis un jour, j’ai reçu un nouveau tarot, le Vox Arcana, dans lequel le Pape a une saveur différente. Il y est représenté sous la forme d’un vieil arbre, probablement moine, qui a une tronche de mec qui en a vu dans la vie ! Et ce lien avec la nature, ça a tout de suite fait tilt pour moi. Le côté plus hiérophante que Pape ressortait enfin dans une lame, et autant te dire que ça fait plaisir !

Tu l’auras compris, dans cet épisode on va se baser sur les énergies du Pape pour discuter chemin de vie et de sacré !

T’as déjà remarqué que dans les versions RWS du tarot le pape a changé de nom pour s’appeler l’Hiérophante ?

Hiérophante, nom masculin, provenant du grec ancien híeros qui signifie « sacré » et phaínô qui signifie « découvrir ». Dans l’antiquité Grecque, les hiérophantes étaient des prêtres qui initiaient leurs fidèles aux mystères du sacré. Ok, on retrouve cette idée de prêtre et donc de religion, mais rappelons quand même que les religions pré-monthéistes étaient vachement plus cools que ce qu’on connaît maintenant. Malgré tout, initier des personnes aux mystères du sacré, ça a plutôt l’air sympa.

Dans son roman graphique « Le voyage du fou », Gulliver l’Aventurière prête une phrase au Pape qui m’a beaucoup parlé. « Il existe mille chemins pour parvenir au sommet de cette vie. Trouvez le vôtre, il est sacré. »

Mais du coup, il y a une vraie question que je me pose, c’est quoi ce truc qu’on appelle le « sacré » ? Parce que soyons honnêtes puisqu’on est entre nous, le mot sacré, c’est un terme assez vague qu’on comprend plus ou moins, mais quand il s’agit de mettre une définition dessus, bah y’a plus personne !

Alors j’ai cherché quand même parce que moi non-plus j’arrivais pas à me faire une définition claire et précise du sacré. Du coup, voilà ce que me dit google : « Le sacré désigne ce qui est inaccessible, indisponible, mis hors du monde normal, et peut être objet de dévotion ou de peur. » Globalement sur cette définition, on est pas mal axé sur une religion dans laquelle un potentiel Dieu peut autant gratifier que punir, non ? Mouais, pas ouf. Je continue mes recherches.

Attends, parce que notre cop’s Wikipedia ajoute que « Le sacré comprend ce qui est situé en dehors des choses ordinaires, banales, communes ; il s’oppose essentiellement au profane mais aussi à l’utilitaire. » Voilà qui me parle déjà plus. On est donc hors du quotidien, mais pas dans un esprit dogmatique. Donc le sacré est plutôt propre à chacun.e avec cette définition, et ça c’est cool, parce que ça lui donne une dimension unique et ça met moins la pression. Bah oui, quand une limite, un objectif ou une dimension est tienne, tu sais jusqu’où tu peux aller pour t’y sentir bien, et surtout il n’y a pas de point de comparaison, donc tu fais comme tu le sens. Du coup, pour quelqu’un qui ne voyage que très peu, ça peut être un moment sacré de partir à l’aventure. Ou bien de se retrouver absolument seul.e pour quelqu’un.e qui est absolument tout le temps entouré.e. C’est pour ça qu’on parle aussi d’instants sacrés, parce qu’on les ancre dans un coin de soi et on les porte comme un talisman pour toujours.

Le sacré, selon le sociologue spécialiste des religions Camille Tarot (j’vous jure son nom ça s’invente pas), entre dans « la composition d’une essence, celle de son identité ». Laisse-moi te dire Camille que tu me plais en l’exprimant ainsi. Puisque tu pars du principe que le sacré est déjà en nous et qu’il nous suffit d’aller le chercher. (Je sais, plus facile à dire qu’à faire).

Alors voilà, j’me suis demandé si le tarot n’était pas un moyen d’aller taper dans cette part de sacré qu’on a tou.te.s en nous. Et ça, ça nous ramène un peu à la théorie de l’Iceberg que développe Vincent Beckers dans son livre “Le tarot psychologique”. Elle exprime le fait qu’une personne voudrait qu’une consultation, en tarot comme tout autre chose, (voir même en médecine) solutionne son problème du moment, dans l’ici et maintenant. Le truc c’est que souvent, y’a des problématiques sous-jacentes à son questionnement du moment, qui sont d’ordinaire la cause principale. Par exemple, je vais chez un.e kiné pour mon mal de dos, mais si je réglais mon poste de travail plutôt qu’aller me faire masser, probablement que ça solutionnerait ma problématique initiale et que j’aurais pas à prendre 30 séances de kiné. (Les kiné partez pas svp, jvous aime).

C’est là qu’avec le tarot, on va plonger pour aller voir le dessous de l’iceberg. Oui je sais je viens de te parler de kiné et de mal de dos. Je vais du coup te prendre l’exemple d’une cliente que j’ai reçu pour un tirage. Elle m’exprimait qu’elle aimerait trouver à nouveau l’amour, mais qu’elle ne sais plus comment s’y prendre. Dans son tirage, on avait littéralement que des épées. Well, autant te dire que tellement ça l’obsédait, y’avait un truc à explorer à ce niveau. Je lui ai fait part de mon constat, en cherchant à lui poser des questions sur ses anciennes relations, sur le pourquoi, à son avis, elle galère à trouver l’amour. Elle n’a pas voulu me répondre, parce que pour elle, le tarot allait lui donner la solution à son problème, sans chercher les causes. Autant te dire que no way, c’est pas comme ça que ça marche ma poule ! Non, le tarot il est là pour te poser les bonnes questions, et aller tirer les anguilles de sous l’iceberg.

Revenons à notre sacré. Parce qu’à mon sens, c’est dans ce coin-là qu’il se trouve, caché derrière les problématiques de la vie courante, et qui attend d’être découvert. Quand on en a fini (on en a jamais fini, je sais) avec les choses de l’ordinaire, on peut y aller. Ce que je veux dire, c’est que, lorsque les plus grosses problématiques de notre quotidien, qu’elles soient émotionnelles, matérielles ou mentales, ne sont plus si grosses que ça, on peut alors se pencher sur notre sacré, parce qu’on est plus légèr.e. Et parfois, on peut aussi dealer les deux en même temps : problématiques terrestres et chemin sacré.

C’est là qu’intervient le Pape, l’Hiérophante, appelle-le comme tu préfères, puisqu’il t’invite à te connecter à ton essence, à ta dimension sacrée. Tu trouveras mille chemins qui t’y mèneront, et c’est carrément ok, à condition que tu fasses le taf toi-même (t’inquiètes, tu peux être accompagné.e sur ce coup-là). Mais de quel taf on parle tu vas me dire ! Justement, c’est la que ça se complique. On est tou.te.s différent.e.s, nos expériences de vie, notre entourage, notre enfance, fait qu’on a tou.te.s potentiellement un taf différent à faire. La première chose que je peux te proposer de faire, c’est de faire un point sur ta vie. Où tu es ? Qu’est-ce que tu fais ? Qu’est-ce qui t’anime aujourd’hui ? A quel moment/endroit/dans quelle situation de ma vie tu t’es senti.e réellement bien, et légèr.e ?

L’idée ici c’est d’aller chercher ce qui t’a fait vibrer pour t’en rapprocher, ne serait-ce qu’un peu. Est-ce que c’est une ville où tu es parti.e en vacances et où tu te sentais hyper bien au point d’avoir envie d’y vivre ? Est-ce que c’était en faisant un job ou une activité qui te procurait un bonheur fou ? Est-ce que c’est quand tu es entouré.e de ta famille, ou au contraire complètement seul.e que tu te sens le mieux ? Je sais bien qu’il n’est pas possible pour tout le monde de déménager à l’autre bout de la terre, ou de vivre absolument seul.e au fond des bois. De vivre de sa passion, ou encore d’envoyer chier sa famille. On est soumis à la vie parfois et c’est pas toujours si simple. Cet exercice n’est pas une injonction au bonheur, parce que je ne crois pas que ça puisse exister au quotidien. C’est juste un moyen d’essayer de te connecter à ce qu’il y a de mieux pour toi. Après, c‘est à toi (encore une fois tu n’es pas seul.e) de trouver un moyen créatif d’appliquer ça.

C’est la première étape, le début du chemin labyrinthique pour te chercher. Parce que, si tu veux mon avis, le sacré en toi, c’est simplement ton vrai toi, qui tu es quand personne ne te regarde, quand tu ne dois rien à personne, quand tu est nu.e face à toi-même. Et trouver qui est réellement cette âme en toi et ce à quoi elle aspire, ça peut passer par un million de choses comme l’art, l’écriture, le tarot, l’astrologie, et pléthore d’autres outils incroyables qui te permettront de mettre tes tripes sur la table, et de les dérouler jusqu’au plus profond de toi-même.

Peut-être que ce voyage est trop dur pour toi, et c’est ok. Peut-être que tu l’as déjà fait, et c’est ok aussi. Peut-être que tu ne veux pas/peux pas le faire, et c’est totalement ok. Je n’ai rien à te vendre ici pour t’obliger à cela, parce qu’encore une fois, ce n’st pas une injonction. Et j’ajouterais même que je n’ai probablement pas terminé cette introspection à la recherche de ma part sacré. Et c’est tout à fait OK, à partir du moment où je suis ok avec ça. Le tout, c’est (si tu le sens, si tu en as envie) de faire ce job, un petit peut chaque jour, pour que chaque jour tu sentes que ça va, qu’une petite flamme brûle en toi, ou au moins une petite étincelle est allumée.

C’est ce qu’on appelle le feu sacré, celui qui anime toute vie, pour peu qu’on le trouve et qu’on l’entretienne. Il peut revêtir diverses formes, avoir besoin de différents combustibles pour vivre. Mais ça, c’est toi qui vois.

Je suis certaine que tu as un million de choses à me dire sur cet épisode, si c’est le cas, n’hésite pas à m’envoyer un DM insta, un mail ou même un vocal pour me parler de tout ça. Je serais ravie d’en discuter avec toi !

Ressources :

  • The Voice of Tarot – Vox Arcana
  • Le Voyage du Fou – Gulliver L’aventurière
  • Le tarot psychologique : psychogénéalogie et développement personnel – Vincent Beckers