Si t’es de la même génération que moi, tu as déjà entendu ce jingle “jouer à destin pour changer de vie”. Quand j’étais ado, j’adorais ce jeu, qui, si tu n’es pas familier.e avec, consiste à se créer une vie de toute pièces, en commençant soit par la fac, soit par un boulot. Tu tires des cartes pour avoir un boulot assigné, tu tombes sur des cases pour avoir un, deux ou 6 enfants, et tu tournes la roue pour savoir ce que le destin va t’offrir ou te prendre…

De tous temps, piocher une carte, lancer les dés ou tourner une roue ont été synonymes de bonne ou mauvaise fortune, selon ce sur quoi tu tombais ! Et c’est pas la carte éponyme du tarot qui va te dire le contraire.

Tu l’auras compris, dans cet épisode de Tarot Bistrot, on va parler de destin, accompagné par la Roue de Fortune ! Mais avant, la barmaid te propose une tisane à touiller dans le sens des aiguilles d’une montre pour attirer la bonne fortune. Et la DJ, elle a un crush pour les vieux groupes de mecs aux cheveux longs (coucou la team Eddie Munson) avec Journey – Wheel n the sky.

Si tu as un jeu de tarot sous la main, fais pause et sors la Roue de Fortune de ton deck, et sinon, fie-toi à moi…

Quand j’anime des ateliers tarots, et que je demande quelle carte est difficile à comprendre, j’ai souvent la Roue de Fortune qui revient. Pourtant, elle me parait si limpide que je me suis même demandé ce que j’aurais à dire dessus. Alors j’ai gratté dans l’histoire !

Déjà, j’me suis toujours demandé pourquoi une roue était à l’origine de la fatalité, du destin. Parce que bon, si on y réfléchit bien, à notre niveau, avec la culture qui est nôtre, une roue c’est un moyen d’avancer. Genre les roues de vélo, de voiture, etc…

L’autre usage que je vois d’une roue est d’ailleur plutôt un rouet, celui qu’on retrouve dans la belle au bois dormant sur laquelle la connasse se pique.

C’est bien, mais dans les deux cas, comment on passe d’un truc qui tourne, où pour avancer, où pour filer de la laine, à la roue de la fortune présenté par Philippe Risoli ? (si t’as pas la ref, je t’en veux même pas) J’ai dû aller fouiner dans les mythologies grecque et romaines pour trouver une réponse.

Chez nos ancêtres les romains, on trouvait 3 parques, des divinités maîtresses du destin des hommes, elles-mêmes appelées les 3 moires dans la mythologie grecque. On les représentait sous formes de fileuses qui déroulaient le fil de vie des humains et tranchaient avec la lame du destin.

Des descriptions similaires ont été retrouvées dans les cosmogonies nordiques (les nornes) et slaves. On imagine donc assez bien que dans d’autres mythes on peut encore entendre parler des ces bêtes-là

D’ailleurs les questions liées au destin sont assez universelles, et, quand on croit chez certain.e.s que le destin est tout tracé, pour d’autres c’est carrément impossible (si t’as écouté l’épisode hors-série avec Chris Vallion, tu sais dans quel camp je me situe).

Comme d’hab, j’suis allée demander à quelques un.e.s d’entre vous ce qu’elles en pensaient, du destin, de la fatalité, toussa…

Je trouve que la Roue de fortune est la 1re lame du tarot, après le matte, qui n’est pas figée. Toutes les autres sont dans un espèce de moment fixé dans le temps, si bien qu’on dirait des tableaux pour lesquels on a fait poser des personnes. Alors que le matte et la roue de fortune, on imagine plus une photo qui a été prise à l’instant T, pendant que le gus avançait ou que la roue tournait.

D’ailleurs, une fois n’est pas coutume, je préfère la version du tarot de marseille de la roue. Dans le Rider Waite Smith, elle porte trop de symboles Kabbalistiques qui me parlent absolument pas, et je la trouve presque trop surchargée.

Alors que dans le marseille, on y voit une roue, posée sur un socle, qui attend qu’on vienne l’actionner. D’ailleurs c’est ce que nous raconte Gulliver l’Aventurière dans son magnifique roman graphique le voyage du fou. Les Trois bestioles qui la surmontent invitent le fou à venir faire tourner la roue, pour changer sa vie.

C’est donc cela, l’impermanence de la vie que l’on retrouve dans la roue. Les cycles des saisons, les hauts et les bas, le fait que tout monte et tout descend inexorablement, qu’on en ait le contrôle ou pas.

Si parfois on accélère pour que la roue remonte, d’autres fois, on serre fort les freins pour qu’elle ne redescende pas parce qu’on est dans un moment qu’on trouve idéal.

Je crois que quand on décide d’actionner la manivelle, on doit aussi accepter que l’inertie fait son job, et qu’on a plus qu’à suivre le mouvement. Puisqu’elle tourne de toute façon, parfois plus vite, parfois plus lentement, mais quoi qu’il arrive on se retrouvera toujours à un moment en haut, et à un autre en bas

C’est un peu ce que j’ai ressenti cet été, pour la première fois de ma vie j’ai laissé faire la roue. Et j’ai kiffé la saison estivale. Même si j’ai beaucoup travaillé, même si j’ai beaucoup accumulé de fatigue, j’avais la sensation d’être au bon endroit au bon moment.

Comment j’ai fait tu vas me dire ? J’ai simplement accepté de ne pas me projeter. Toutes les autres années de ma vie je subissais l’été parce qu’il faisait trop chaud, ou au contraire trop moche et que le temps e s’adaptait pas à mon bon vouloir. Et cette année, pour la première fois, je me suis juste laissée porter par la vibe, j’ai vécu le présent du mieux que je pouvais, j’ai laissé le passé au passé, et je n’ai pas pensé au futur. Et c’était si bon !

Bien sûr, faire tout ça, ça fait peur ! Et c’est tout à fait normal. Lâcher le guidon et laisser la roue tourner toute seule, c’est ultra flippant, mais quand on laisse faire le truc, on se rend compte de tout un tas de choses qui te font prendre un level dans le game de ta vie !

Concrètement, komenkonfé ? J’ai envie de t’inviter à commencer par essayer d’être plus dans l’instant présent. Déjà, ça te permettra de balayer un peu angoisses et anxiété, puisque tu ne seras plus en train de ressasser le passé, ou te projeter dans le futur. Attention, je ne dis pas que se projeter c’est mal, parfois c’est nécessaire pour créer des projets, anticiper des besoins, etc. Et je ne dis pas qu’il faut faire table rase de son passé tout les jours au réveil, la nostalgie des moments cools du passé c’est bien aussi, tout comme les souvenirs d’une personne disparue, ou d’un truc oublié qui fait pas trop mal à ton p’tit coeur tout mou, c’est carrément ok. Ton passé, c’est ton sac à dos, que tu portes et que tu remplis tous les jours, mais c’est à toi de voir s’il est lourd ou pas, et à toi de choisir si tu veux l’alléger rien qu’un tout p’tit peu.

Être dans l’instant présent, c’est apprécier les rayons du soleil qui caressent ton visage un jour de beau temps. C’est écouter les bruits et paroles autour de soi quand en sirotant un délicieux thé assis dans un joli salon de thé. C’est ressentir les ondes qui traversent ton corps dans un concert de ton groupe favori. C’est sentir ton corps lourd et fatigué après une bonne séance de sport. C’est faire une pause dans ta journée et donner de l’espace à tes 5 sens en regardant, écoutant, sentant, ressentant et en goutant ce qui est juste devant toi.

Et puis pour accepter de lâcher prise, de laisser la roue t’entrainer et tourner, quand tu es face à une situation qui te chafouine, essaie de te demander si tu peux faire quelque chose, quoi que ce soit, rien qu’un tout mini truc, pour améliorer cette situation. Si la réponse est oui, bah fais-le, que ça fasse mal ou pas, que ce soit facile ou pas. Tu ne regretteras jamais d’avoir agi, même si ça n’a pas eu l’effet escompté, alors que l’inverse risque de te causer des remords.

Et si jamais la réponse est non, que tu ne peux absolument rien faire pour agir, que la situation n’est pas entre tes mains, c’est là qu’il faut lâcher du lest. Parce que s’en faire pour quelque chose sur lequel on ne peut pas agir, ça sert à rien.

Encore une fois, je ne dis pas que c’est facile ! Bien au contraire. L’être humain.e est conçu comme ça, doté de pensées et d’émotions qui font qu’on s’inquiète, qu’on se tord le ventre pour des choses hors de ntore portée. Mais rien que de se poser la question si on peut agir sur l’objet de notre inquiétude, c’est déjà faire un grand pas.

Alors vraiment, je t’invite à te poser la question au quotidien si tu peux faire quelque chose, quoi que ce soit pour bouger, ne serait-ce qu’un chouïa, ce qui te turlupine. Rien que de penser à cela, c’est déjà tout un monde de réflexion qui s’ouvre à toi, et c’est pas négligeable du tout, et ça peut tout changer…

Si t’as envie d’activer la manette pour tourner la roue, n’hésite pas à m’envoyer un petit mail, message, vocal ou ce que tu veux, je serais ravie d’en discuter avec toi. En attendant, si cet épisode a mis des étoiles dans tes yeux, tu peux m’en donner 5 sur ta plateforme d’écoute favorite ! On se retrouve dans deux semaines avec une adelphe pour parler inclusivité dans le tarot ! A bientôt au tarot bistrot

RESSOURCES

  • Le Voyage du fou de Gulliver l’Aventurière

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